Dragons

Dragons dans le musée en ligne sur l'histoire et l'uniforme de l'Officier Français de 1918 à 1940.

Cette page:

  • illustre l'uniforme de Dragons de 1918 à 1940,

  • évoque le parcours d'officiers de Dragons pendant l'entre-deux guerre

  • et retrace l'historique des régiments de Dragons et de l'armée Française entre les deux guerres mondiales.

Illustration de Maurice Toussaint représentant les officiers de cavalerie dans l'ouvrage du Commandant Bucquoy "Les uniformes de l'Armée Française", édité en 1935.

Grande tenue modèle 31 des officiers de cavalerie: dragons et dragons portés

Officiers en grande tenue, de gauche à droite:

  • Chasseurs à cheval.
  • Hussards.
  • Dragons portés.
  • Auto-mitrailleuses.
  • Cuirassiers.
  • Dragons.

I- Historique des régiments de Dragons  de 1918 à 1940.

A la fin de la première guerre mondiale, la cavalerie compte 32 régiments de Dragons, numérotés de façon discontinue de 1 à 32.

En 1919, les 1er, 17ème, 25ème, 27ème et 32ème régiments sont dissous.

En 1921, c'est le tour des 7ème et 15ème suivis par le 26ème en 1923.

En 1926, les 4ème, 14ème, 22ème RD disparaissent à leur tour, ainsi que le 28ème en 1927.

En 1928, le 2ème, 5ème, 16ème, 21ème, 23ème et 24ème sont dissous.

En 1929, en pleine crise économique,

  • le 1er RDP devient 1er Bataillon de Dragons Portés et tient garnison à Versailles,
  • le 2ème BDP est crée à Paris,
  • le 3ème RDP devient BDP caserné à Lunéville,
  • le 4ème BDP est crée à Verdun
  • ainsi que le 5ème BDP à Lyon.

Les autres régiments subsistent en tant que régiments de Dragons:

  • le 6ème à Vincennes et Paris,
  • le 8ème à Lunéville,
  • le 9ème à Epernay,
  • le 10ème à Montauban puis Orange,
  • le 13ème à Melun,
  • le 18ème à Reims,
  • le 19ème à Dinan,
  • le 20ème à Limoges,
  • le 29ème à Provins,
  • le 30ème à Metz
  • et le 31ème à Lunéville

tandis que les 11ème et 12ème sont dissous.

En 11 ans, le 1918 à 1929, le nombre de régiments de Dragons a été divisé par deux, passant de 32 à 16 régiments.

Les 1er et 4ème BDP redevienent RDP en 1936, les trois autres feront de même en 1940.

 

En 1935, avec la création des Divisions Légères Mécaniques DLM:

  • le 4ème RDP et le 18ème régiment de Dragons intègrent la 1ère DLM
  • le 1er RDP , le 13ème et le 29ème régiment de Dragons intègrent la 2ème DLM
  • le 11ème RDP, crée en 1939 intègre la 3ème DLM
  • le 7ème RDP, crée en 1940 est rattaché à la 4ème DLM qui aurait du être formée au 1er juillet 1940. Au cours du mois de mai, le 7ème RDP est reversé à la 4ème DCr du Colonel de Gaulle.

 

De même, avec la transformation en février 1940 des Divisions de Cavalerie en Divisions Légères de Cavalerie DLC:

  • le 5ème RDP et le 19ème régiment de Dragons (qui combat à cheval) au sein de la 1ère DLC
  • le 3ème RDP se bat avec la 2ème DLC
  • le 2ème RDP et le 6ème régiment de Dragons (à cheval) avec la 3ème DLC
  • les 8ème et 31ème régiments de Dragons (tous deux à cheval) et le 14 RDP recrée en 1939 avec la 4ème DLC
  • le 15ème RDP recrée en 1939 avec la 5ème DLC

 

Officiers du 5ème RDP en tenue de jour

Le Lieutenant-Colonel, commandant le  5ème Régiment de Dragons Portés en tenue de jour. Il est entouré de deux officiers étrangers dont un officier Polonais à gauche.

 

Les 9ème, 10ème, 20ème et 30ème régiments serviront à former des Groupes de reconnaissance: Groupes de Reconnaissance de Corps d'Armée GRCA et Groupes de Reconnaissance de Division d'Infanterie GRDI.

  • Le 9ème régiment d'Epernay est dissous pour constituer le 10ème GRCA, le 3ème GRDI et le 92ème GRDI.
  • Le 10ème régiment d'Orange est dissous pour constituer le 21ème GRCA et les 5ème, 26ème, 34ème et 72ème GRDI.
  • Le 20ème régiment de Limoges est dissous pour constituer le 23ème GRCA et les 2ème, 18ème, 21ème, 27ème et 93ème GRDI.
  • Le 30ème régiment de Metz est dissous pour constituer le 8ème GRCA et les  37ème, 44ème et 45ème GRDI.

 

II- Uniforme et grande tenue d'officier de Dragons et Dragons Portés.

Description de l'uniforme de l'officier des Dragons et des Dragons portés dans les planches descriptives du Bulletin Officiel éditées en 1937 par le Ministère de la Guerre.

dragons
dragons portés

Description de l'uniforme de l'officier des Dragons, illustrée par H. de Foucauld dans "Uniformes des Armées de Terre, de Mer, de l'Air" aux éditions Léon Claude.

uniforme dragons

DRAGONS. - Tunique bleu foncé, col et pattes de manches blanc, pattes de collet bleu foncé, insignes numéros argent (avec étoile à 5 branches pour les dragons portés), boutons demi-sphériques unis argent, galons et épaulettes argent ; pantalon garance, simple bande bleu foncé. Képi : bandeau bleu foncé, calot garance ; ceinturon bleu foncé, plaques argent.

III-  Parcours d'officiers de Dragons.

grande tenue lieutenant dragon Chalembert recto
grande tenue lieutenant dragon Chalembert verso

Tenue ayant appartenu au Lieutenant  Guy GUYARD DE CHALEMBERT :

Guy de CHALEMBERT (classe 1934) s'engage à 19 ans au 5e Régiment de Chasseurs à Cheval. 

Sous-lieutenant de réserve en 1934 au 29e Régiment de Dragons.

Activé au grade de Maréchal des Logis au 13e Régiment de Dragons en 1934.

Il rejoint l'Ecole de Cavalerie de Saumur au grade de sous-lieutenant d'active en 1937 et sort 12ème de sa promotion l'année suivante. Il se retrouve affecté au 1er Régiment de Dragons Portés  en avril 1939. 

Prenant part à la campagne de France, il se trouve blessé à la tête de son peloton le 13 mai 1940 et doit être évacué. Cette blessure lui vaudra de recevoir la Légion d'Honneur et une belle citation dont le texte suit :

Cape du Lieutenant de Dragons De Chalembert
Nominette De Chalembert

"Officier plein d'ardeur, a défendu avec ténacité les 12 et 13 mai 1940 sur la MEHAIGNE, le point d'appui qui lui était confié. Attaqué de front et sur ses deux flancs, a maintenu ses positions grâce à l'ascendant pris sur ses hommes. Blessé sérieusement à la poitrine, a refusé de se laisser évacuer, montrant dans le danger un exemple admirable. Ne s'est replié en direction du bois de MOULU que sur ordre, après avoir organisé et fait exécuter le mouvement de son peloton dans d'excellentes conditions".

Après l'Armistice, il est promu Lieutenant au 3e Régiment de Hussards. Volontaire pour le Levant en juillet 1941, on lui refuse cette affectation du fait de sa blessure. 

Il entre en résistance au Bureau de Sécurité Militaire clandestin de Paris, affecté à l'antenne de Seinte-et-Oise, action récompensée par une nouvelle citation à l'ordre de la direction générale des études et recherches. 

Le 13e Régiment de Dragons est reformé le 16 octobre 1944 à partir de blindés français repris à l'ennemi. Il est alors fait appel aux volontaires, anciens des chars et résistants. Guy DE CHALEMBERT se trouve placé à la tête du 1er peloton du 1er escadron doté de SOMUA S35 germanisés, et combat sur le front des poches de l'Atlantique. 

Le 28 mai 1945, il est nommé capitaine et prend la tête du 2e escadron, équipé de B1 Bis. Le 13e Régiment de Dragons est transféré en Allemagne, dans le Palatinat, en tant que force d'occupation avant sa dissolution avril 1946. 

En novembre 1946, il est instructeur au Centre de Perfectionnement Hippique de l'Ecole Militaire à Paris, puis à l'EM du GB 8 en 1954, et Chef d'Escadrons au CIABC d'Alger en 1957. 

Détail col De Chalembert

Sous-lieutenant anonyme du 30ème Régiment de Dragons de Metz.

Sous-lieutenant du 30ème Régiment de Dragons (Metz)
Tenue Dragon Lieutenant Colonel Ruby

Ensemble nominatif de Lieutenant-Colonel de Dragons breveté d'Etat-Major, ayant appartenu au Lieutenant-Colonel RUBY.

Edmond Auguste RUBY, issu de la 96ème promotion de Saint-Cyr, "promotion des Marie-Louise", 1911-1914
Décoré de la Légion d'Honneur le 11 mai 1917, capitaine au 8e Bataillon de Chasseurs (Annuaire de la Légion d'Honneur 1929).
Selon l'annuaire de la Saint-Cyrienne, il est en 1931, capitaine à l'Etat-Major de l'armée, direction de la cavalerie, ministère de la Guerre, Paris
Selon l'annuaire des officier de 1933, Chef d'escadron depuis le 25 septembre 1931. Au 13e Dragon, breveté, chevalier de la Légion d'honneur. Futur commandant du 12ème Cuirassier et  co-auteur d'un ouvrage sur ce régiment de cavalerie.
En 1949, Général de Brigade réserviste, résidant 24 rue d'Eylau à Paris.
Auteur de l'ouvrage "Sedan, terre d'épreuve" chez Flammarion en 1948 et "Bazaine, coupable ou victime?" en 1960., 

Colonel du 1er Régiment de Dragons Portés

Le Colonel Keime commandant de 1er Régiment de Dragons Portés (Versailles puis Pontoise) lors d'une cérémonie aux côtés d’un colonel Serbe.

Képi du Capitaine Rodolphe De Chevalier d'Almont et sa boîte
Képi du Capitaine Rodolphe De Chevalier d'Almont intérieur
Képi du Capitaine Rodolphe De Chevalier d'Almont

Képi et sa boîte ayant appartenu à Rodolphe Joseph Gaston Marie De CHEVALIER d’ALMONT

Né le 30 mai 1908 à Bourges. Saint-Cyrien de la  116ème Promotion Mangin 1929-1931.

Sous lieutenant le 1er octobre 1931. Selon l'annuaire de la Saint-Cyrienne, il est,en 1931, sous-lieutenant à école de cavalerie Saumur.

 En 1933, dans l'annuaire des officiers, il est sous-lieutenant au 18ème régiment de Chasseurs à cheval.

Décédé le 5 février 1944 - Térelle (Italie) lors des combats du Belvédère, à l’âge de 35 ans. Capitaine au 3e Spahis Algériens de Reconnaissance.

Chevalier de la Légion d'honneur et décoré de la croix de guerre 39-45.

"Magnifique officier de cavalerie, incarnant les plus belles vertus de l'Arme. Ayant participé à tous les combats du régiment depuis le débarquement, a été choisi le 2 février 1944 pour commander un groupe blindé, s'est engagé sur la route de TERELLE et est parvenu a peu de distance du village malgré l'opposition de l'artillerie ennemie et des mines, permettant à l'infanterie d'occuper la cote 831 où elle fit 20 prisonniers. Le 4 février 1944, ayant reçu avec les chars la mission d'appuyer et de soutenir une action offensive des escadrons à pied, a fait preuve en cette circonstance d'un mépris total du danger en se portant à pied au devant de ses chars pour diriger leurs tirs, malgré les rafales des mitrailleuses et des tirs ajustés de l'artillerie. Son courage de légende, ses qualités de chef et son action personnelle au cours du combat ont permis aux unités engagées à pied avec des effectifs très réduits, de repousser deux contre-attaques et d'obtenir des renseignements de premier ordre sur la qualités des positions ennemies. Le 5 février 1944, sans cesse sur les positions les plus avancées et soumises aux tirs très denses de l'artillerie, est glorieusement tombé, mortellement blessé par un éclat d'obus."

Plaque commémorative du 3ème RSAR Eglise Saint-Louis des Français - Rome - Crédit Dominique Leroy pour MémorialGenWeb.

Monogramme du képi du Capitaine Rodolphe De Chevalier d'Almont
Rodolphe de Chevalier d'Almont Saint-Cyr
Plaque commémorative du 3ème RSAR Eglise Saint-Louis des Français - Rome

IV- Emplacements des régiments de Dragons fin 1933:

  • 6ème  à Vincennes
  • 8ème à Lunéville
  • 9ème à Epernay
  • 10ème à Montauban
  • 13ème à Melun
  • 18ème à Reims
  • 19ème à Dinan
  • 20ème à Limoges
  • 29ème à Provins
  • 30ème à Metz
  • 31ème à Luneville

Dragons portés:

  • 1er à Versailles puis Pontoise
  • 2ème à Paris
  • 3ème à Lunéville
  • 4ème à Verdun
  • 5ème à Lyon

Pour en savoir plus: