Service des Fabrications d’Armement

L'uniforme et la grande tenue modèle 31 de l'officier Français.

 

La période dans laquelle se situe la présente étude verra l‘adoption d‘un compromis dans la solution d’un conflit ouvert, entre les responsables du Haut Commandement et ceux de la Technique, à la disparition du Ministère de l‘Armement a la fin de la Grande Guerre.

Quels sont la nature et les raisons de ce conflit ? Comment se présente son évolution ? Quelle est la solution adoptée lors de la montée des périls ?

Après le conflit, la Direction de l‘Artillerie avait repris en mains toutes les fabrications d'armement, quelle que fût l‘Arme prenante. Ce n'est que pour la préparation de la mobilisation industrielle que fut créée une Inspection Générale des Fabrications d’Armement. Cette conception est une suite logique du prestige acquis par l'Artillerie en 1914-1918.

Mais un courant se dessina très vite en faveur d‘une autonomie des Fabrications. Pour les partisans de cette formule, le Commandement aurait exprimé ses besoins en fonction de la conduite des opérations. Le Service des Fabrications autonome aurait mené les études et choisi les prototypes.

Dans ce sens, plusieurs attaques furent menées contre le monopole de la 3e Direction :

  • en l919, un projet LOUCHEUR envisageait la création d‘un Corps autonome
  • en 1920, une Direction de la production des matériels de guerre faillit voir le jour ;
  • en 1925, la Commission d'industrialisation des Etablissements constructeurs de l'Artillerie reprit sans succès l'idée du Corps d'ingénieurs.

Le Commandement paraissait se laisser convaincre, puisque la Loi des Cadres et Effectifs de 1928 prévoyait la création d'une Direction des Fabrications d'Armement.

Mais l'opposition de l'Etat-Major de l'Armée fit que la proposition de loi BELUEL-RUCART-TRANCHANT en 1931 avorta. La question fut reprise en 1932 par M. Marc RUCART et finit par aboutir malgré une divergence de vues de M. Paul BONCOUR, d'accord sur le principe de la création d'un Corps d'ingénieurs militaires sans augmentation des effectifs en officiers.

La loi du 31 mars 1933 a autorisé la création d'une Direction des Fabrications d'Armement, par Décrets des 27 et 29 avril 1933. Le rapport au Président de la République expose qu'il s'agit d'un Service distinct autonome au même titre que les Poudres, l'Intendance ou le Service de Santé. Sa mission essentielle est d'assurer les fabrications d'une part, la mobilisation industrielle d'autre part. Les fabrications échappent désormais à l'Artillerie. Toutefois, le Commandement exerce sur elles une emprise directe.

Le Décret du 18 janvier 1935 confère au Chef d'Etat-Major Général et à l'E.M.A. une action sur les fabrications par l'intermédiaire d'une Section de l’Armement et des Etudes techniques, créée à l'E.M.A.

La Loi du 3 juillet 1935, élaborée dans le cadre de la présente étude, crée un Corps autonome d'ingénieurs militaires ayant une hiérarchie propre, sans aucune assimilation avec les grades de l'Armée, et donne existence légale au Service des Fabrications d'Armement.

L'Etat-Major de l'Armée oriente les recherches, études et expériences techniques, adopte les prototypes, établit les programmes d'armement et détermine leurs délais et conditions d'exécution. La responsabilité du choix des matériels est donc laissée au Commandement.

En fonction de ses demandes, la D.F.A. procède aux études. Elle fabrique en liaison avec l'E.M.A. et les Directions d'Armes utilisatrices. La conception des matériels exige une étroite coopération avec la partie prenante.

La D.F.A. est responsable, non seulement du fonctionnement et de la discipline des établissements, constructeurs du Ministère de la Guerre, mais aussi du placement des commandes dans l'industrie privée et de la conclusion des marchés, de la surveillance des études et des fabrications dans cette industrie, du placement des commandes de mobilisation dans le cadre des directives données par l'E.M.A.

La 3ème Direction conserve la gestion, l'entretien et la réparation des matériels à l'échelon supérieur.

En vertu du Décret du 29 avril 1933, passent à la Direction des Fabrications d'Armement les organismes suivants :

  • les Etablissements constructeurs et le Service des Forges ;
  • la Section d'études et d'expériences d'armement ;
  • la Section d'études et d'expériences chimiques et le laboratoire du BOUCHET ;
  • les Commissions d'expériences techniques ;
  • l'Ecole Supérieure Technique et l'Ecole Militaire Préparatoire Technique de TULLE.

La Direction de l'Artillerie conserve :

  • les Parcs Régionaux de Réparation et d'Entretien des Matériels ;
  • les Entrepôts ;
  • les Commissions de réception, y compris la Commission des Poudres de guerre de VERSAILLES ;
  • les Commissions d'expérimentation ;
  • les Ecoles de FONTAINEBLEAU et POITIERS.

 

La Commission supérieure des études et expériences chimiques reste rattachée provisoirement à l'Inspection Générale de l'Artillerie.

Faisant suite à ces décisions, le Décret du 6 juin 1933 prononce la suppression des organismes ci-après :

  • l'Inspection permanente des fabrications de l'Artillerie ;
  • l'Inspection des études et expériences techniques de l'Artillerie ;
  • l'Inspection générale des fabrications de guerre à la mobilisation ;
  • la Commission d'Expériences de BOURGES et ses annexes de CALAIS, TOULON et SAINT-PIERRE-QUIBERON ;
  • la Commission d'Expériences de VERSAILLES ;
  • la Section technique des matériels autos de combat ;
  • la Section technique des études et expériences chimiques.

 

Sont créés par le même texte :

  • l'Inspection de l'Armement de l'Armée ; -
  • l'Inspection de la mobilisation industrielle ; -
  • l'Inspection des Fabrications d'Armement ;
  • l'Etablissement Central des Fabrications d'Armement disposant de :
    • l'Etablissement annexe d'expériences techniques de VERSAILLES (et des armes portatives par Décret du ler février 1934);
    • l'Etablissement des expériences techniques de BOURGES et ses annexes de CALAIS,.TOULON et SAINT-PIERRE-QUIBERON ;
    • le Laboratoire d'études de balistique intérieure de VERSAILLES (par décret du ler février 1934);
  • la Commission d'expérimentation de l'Artillerie à BOURGES, avec Annexe à TOULON.

 

« L’armée Française de 1919 à 1939. La fin des illusions » Colonel Breveté Paoli. p227 à 232.

 

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Ingénieur adjoint des Services de Fabrication de l'Armement

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A suivre...